Archives de catégorie : livres Un itinéraire indien

Un itinéraire indien

En dialogue avec Jean-Claude Escaffit, Un itinéraire indien retrace le parcours  étonnant de Moïz Rasiwala, astrophysicien d’origine indienne et musulmane, devenu diacre dans l’Eglise catholique après avoir été chercheur au CNRS, coopérant  universitaire en Algérie, permanent à la communauté œcuménique de Taizé durant huit ans, promoteur de projets de développement et enfin expert auprès du Conseil régional de Midi-Pyrénées.
A la fois un questionnement sur l’identité plurielle et un magnifique hymne à la rencontre des cultures et des religions.  (Editions  Médiaspaul 2021).

Voir la vidéo de présentation

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Une-Moiz.png.

Recension Presse

Le Monde.fr 18 mars 2021
Il y a quelques hommes dont on peut dire qu’ils ont eu une « vie-monde ». Moïz Rasiwala est de ceux-là : né en 1937 à Bombay dans une famille d’Indiens musulmans, il a passé sa scolarité chez les jésuites avant d’étudier la physique nucléaire en Allemagne, tout en suivant des cours de philosophie. Il a ensuite travaillé à l’Institut d’astrophysique à Paris, passé plusieurs années en Algérie, puis est retourné en Inde mener une expérience de vie communautaire rurale, avant de s’établir dans la région toulousaine – où il vit toujours.
C’est cette existence d’une richesse inouïe que Moïz Rasiwala déroule dans ce livre d’entretien avec son ami Jean-Claude Escaffit, ancien journaliste avec lequel il a signé en 2008 une Histoire de Taizé (Seuil). Le récit de cette vie passionnante, où l’on croise des souvenirs de l’Inde coloniale comme de Mai-68, est d’abord guidé par une recherche spirituelle, qui conduira ce musulman à la conversion catholique à l’occasion de la rencontre décisive avec le frère Roger, fondateur de la communauté monastique de Taizé, où il deviendra animateur. Il y passe huit ans, et « c’étaient peut-être les meilleures années de nos vies, sans argent ni possessions matérielles, mais pleines de joie, de paix et de rencontres enrichissantes », se souvient Moïz Rasiwala.
A 84 ans, il fait désormais le vœu de partir en pouvant faire sien ce verset de Luc (17, 10) : « Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites : nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire. » Y. B
« Un itinéraire indien », par Moïz Rasiwala (entretien avec Jean-Claude Escaffit), (Médiaspaul, 2021, 160 p., 17 €)
https://www.lemonde.fr/…/religions-et-spiritualites-six… 

La Vie / Essentiels

Un itinéraire indien
La vie de Moïz Rasiwala, cet enfant pauvre de Bombay devenu astrophysicien et chercheur au CNRS, ce musulman indien devenu permanent à la communauté oecuménique de Taizé, est
palpitante, romanesque. Elle est surtout le fruit d’une quête de sens vibrante, et une ode à l’unité entre les cultures, les religions et les confessions chrétiennes.
En ces temps où le poison de la division fait des ravages, l’on ne peut que conseiller la lecture de ce livre où cet artisan de la rencontre répond en toute simplicité aux questions de Jean-Claude Escaffit, ancien journaliste à l’hebdomadaire La Vie.
Alexia Vidot 21 janvier 2021

Ecouter l’itw des deux auteurs sur Dialogue RCF

Namaskar, Père Laborde !

Hommage dans La Vie à celui qui a consacré la sienne aux pauvres de Calcutta et dans le bidonville de Pilkhana (“La Cité de la Joie” ), parrainé par les lecteurs de l’hebdomadaire chrétien.

C’est un message succinct reçu alors que les feux de la fête ne sont pas encore éteints dans nos foyers européens. Le jour de Noël, le Père Laborde a fait le grand passage. Le courriel émane d’Inde, de nos amis Léo et Françoise Jalais, ses fidèles compagnons. Assorti d’un avis de décès de l’archevêché de Calcutta annonçant que ce prêtre français, missionnaire du Prado s’est éteint le 25 décembre 2020 à l’âge de 93 ans. Arrivé en Inde en 1965, sa vie fut consacrée jusqu’au bout aux pauvres des bidonvilles de Calcutta, aux lépreux et jeunes handicapés du Bengale.

Lire la suite

La Vie avait consacré plusieurs articles à François Laborde, dont le dernier en novembre 2016. En 51 ans de mission, j’ai vu des choses inhumaines, confiait-il à Laurence Faure. Dans un bidonville, il y a tout de l’Enfer. Mais j’y ai aussi contemplé le Ciel. Car chaque famille, qu’elle soit musulmane, hindoue ou chrétienne, prie quotidiennement… Ces croyants offrent à Dieu toute leur misère, leurs luttes, leurs joies. En cela, j’aime dire que j’ai connu deux monastères dans ma vie : la Grande Chartreuse, où j’ai vécu durant cinq mois en 1945 pour discerner ma vocation et les slums, où les prières des pauvres s’élèvent, invisibles, vers le ciel.A l’annonce de sa mort, les médias indiens et français ont rappelé à l’unisson que cette vie auprès des parias de Calcutta avait inspiré un best-seller mondial : La Cité de la Joie. Baptisé ainsi dans le récit de Dominique Lapierre, ce bidonville s’appelait en réalité Pilkhana. Bien connu des anciens lecteurs de La Vie, il suscita l’une des plus grandes initiatives solidaires de notre journal, mobilisant des milliers de donateurs durant vingt ans, par l’intermédiaire de l’association des Amis de Seva Sang Samiti.

A la suite des reportages de Jean-Philippe Caudron, parus lors des Noëls 1972, 1975 et 1980, nos lecteurs ont financé régulièrement des projets médicaux, éducatifs, d’assainissement… Avec l’ami Jacques Houzel, photographe (dont nous venons d’apprendre le décès, le 25 décembre également) et six ambassadeurs de ces milliers de donateurs, nous sommes retournés à Calcutta en décembre 1983, pour le numéro 2000 de La Vie. Ce formidable lien solidaire s’était  étendu au rural, permettant jusqu’à un demi million de paysans du Bengale de rester sur leur terre plutôt que de trainer leur misère dans la mégapole.

C’est en 1971 dans les camps de réfugiés du Bangladesh que Léo Jalais a rencontré François Laborde. “Alors que j’étais jeune volontaire de Frères des Hommes, il m’a invité à rejoindre la petite équipe de Sevah Sang Samiti dans le slum de Pilkhana. Inspirés par la vie de Charles de Foucauld, nous étions des pauvres au service des plus pauvres.” Ainsi, avec Gaston, un frère du Prado, Léo avec sa femme Françoise et leurs trois enfants ont partagé la vie de ces intouchables pendant plus de vingt ans. François Laborde, lui, a quitté Pilkhana au bout de neuf ans, pour ne pas faire d’ombre. Un détachement fécond qui l’a amené à fonder, au service de milliers d’enfants handicapés, une belle œuvre qui perdure. ” J’ai dû partir de Pilkhana car on ne parlait que de moi “, confiait-il à Laurent Bissara, prêtre des Missions étrangères de Paris, qui lui a succédé en 2018 à la tête de l’association Howra South Point. C’est cet esprit d’humilité, sa simplicité évangélique que retiennent de lui ses amis. Son humour aussi.

Namaskar, Père Laborde ! Salut indien réhabilité chez nous par temps de covid, dont nous avons découvert à Calcutta le sens profond : “Que mon cœur se joigne au tien comme les deux paumes de nos mains“.
Jean-Claude Escaffit