Archives de catégorie : Actus

Unité des chrétiens : de nouveaux défis

Rituel immuable, la semaine de prière pour l’unité des chrétiens se déroule chaque année du 18 au 25 janvier. Dans les diocèses de France et du monde entier, catholiques, protestants,  orthodoxes… se rencontrent pour des échanges et prières communes. Et chacun de retourner ensuite à ses occupations.  Une approche encore timide entre vieux “divorcés” qui, après quelques siècles de séparation,  ne savent pas trop comment se remettre en ménage. Pas question encore d’habiter sous le même toit. Ni même de partager le même repas. Si les protestants sont ouverts à l’hospitalité eucharistique, cela coince du côté des catholiques qui ne l’autorisent que de manière exceptionnelle et à certaines conditions. Quant aux orthodoxes, ils ne conçoivent l’intercommunion qu’une fois l’unité doctrinale réalisée.
 Depuis quelques années, les théologiens de l’œcuménisme semblent piétiner et les fidèles – souvent catholiques – campent dans une certaine indifférence à l’égard des petits “frères” des autres Eglises. Quand les uns et les autres ne se réfugient pas dans un entre-soi identitaire… Alors que les catholiques, à l’instar des autres chrétiens, se découvrent  à leur tour minoritaires, l’urgence n’est elle pas à un témoignage commun dans une société française sécularisée ?  

Le risque d’un schisme catholique ?
Mais en 2020, les Eglises chrétiennes ont de nouveaux défis à relever, des lignes de fractures internes à traverser. Les orthodoxes sont écartelés entre les patriarcats de Moscou et Constantinople, en conflit ouvert depuis l’indépendance de l’Eglise d’Ukraine face à un “grand frère russe” aux exigences croissantes. Les protestants historiques, luthéro-réformés, se sentent bousculés par l’expansion d’évangéliques aux méthodes non conformistes. Quant aux catholiques, le spectre d’un schisme plane sur leur Eglise. Face aux critiques virulentes de conservateurs à Rome, aux Etats-Unis ou ailleurs, le pape François n’en a d’ailleurs pas écarté le risque. Enjeu sans doute médiatiquement dramatisé. Mais l’éventualité d’ordonner prêtres des hommes mariés dans certaines régions déshéritées comme l’Amazonie, a relancé les attaques contre un tabou séculaire. C’est la parution, la semaine dernière, d’un livre du cardinal Sarah, cosigné par Benoît XVI, pape émérite voué en principe au silence, qui sonne la charge. Selon eux, le sacerdoce serait “ontologiquement ”  incompatible avec l’état matrimonial. Mais alors, les hommes mariés dans les Eglises catholiques orientales, rattachées à Rome, seraient-ils des prêtres au rabais ? Et ceux de l’Eglise des onze premiers siècles, parmi lesquels des saints ? Sans parler du mariage des pasteurs protestants, des prêtres orthodoxes et des femmes anglicanes… évêques.

Malgré une unité qui semble malmenée, des chrétiens font fi pourtant des querelles d’appareils et des clivages confessionnels. On les retrouve dans un “faire ensemble” œcuménique, de façon naturelle. Combien sont engagés dans des ONG comme la Cimade, l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) ou au coude à coude au service des laissés pour compte de leur cité ? Combien sont si proches dans des groupes de partage et de méditation chrétienne ? Et les 15 000 jeunes de toutes confessions et nationalités qui se sont retrouvés en Pologne, fin décembre dernier, à l’appel de la communauté de Taizé ? Ils seraient étonnés d’apprendre qu’ils sont des acteurs de l’œcuménisme. Des “Monsieur Jourdain” de l’Unité, en somme !

Missionnaire, selon Pape François et P. Destremau

La Provence, dimanche 20 octobre 2019. Page Idées
Par Jean-Claude Escaffit, journaliste, Dialogue-RCF, la radio chrétienne d’Aix-Marseille.

Exit le père blanc qui allait évangéliser les peuples du Sud ? Autrefois flanqué d’une soutane aussi blanche que sa barbe, le missionnaire d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec cette image d’Epinal. Ni même son territoire de mission. Ce sont  d’ailleurs les prêtres d’Afrique qui en retour arpentent  nos paroisses européennes, en jachère de vocations.

En faisant d’octobre 2019, “le mois missionnaire extraordinaire”, l’Eglise catholique entend activer l’ardeur évangélisatrice des fidèles dans leurs lieux de vie. Ne soyez pas étonnés si l’on vient frapper à votre porte pour vous annoncer une “Bonne Nouvelle”. Ce ne sont plus forcément  des Témoins de Jéhovah ou Mormons, mais de jeunes charismatiques notamment qui entendent répondre à l’appel du pape François à être  “disciples-missionnaires”. Non à la manière d’antan, aux accents d’endoctrinement. Mais telle que l’a définie François,  dans “La Joie de l’Evangile” : par la proximité amicale, dans la liberté de chacun. Et le pape d’inviter également les catholiques à  “sortir de (leur) confort,  pour rejoindre les périphéries et particulièrement les plus pauvres.”

En mission chez les Roms et voyageurs

Alors que débutait ce “mois missionnaire extraordinaire”, on  enterrait le 5 octobre dernier à Aix-en-Provence, dans une cathédrale pleine à craquer, l’un de ces authentiques témoins de l’Evangile : le père Thierry Destremau. Mêlés aux Roms et gens du voyage, paroissiens de Martigues et Marignane, Fuveau et Gardanne, Lançon et Pélissanne… pleuraient d’un seul cœur leur (ancien) pasteur de 55 ans, arraché à la vie brutalement.  Comme le soulignait dans son homélie, Mgr Dufour,  l’archevêque d’Aix, au milieu d’une soixantaine de prêtres et diacres, “Thierry était un voyageur de Dieu, pour conduire au Christ les pauvres et les humbles de cœur”. Car le P. Destremau était le “rachail” des gens du voyage et des Roms, dont il était devenu, en 2017, l’aumônier national. Il fallait le voir accueilli dans les camps par les cris de joie des enfants. Visage transfiguré et petite croix de bois en bandoulière, il sillonnait son territoire avec un camping-car un brin bohême.  “C’est la paix du Christ qu’il apportait sur les terrains qu’il visitait”, a souligné Mgr Dufour. C’est aussi l’inlassable combat pour la dignité qu’il partageait avec ces sans-voix. Dans la gratuité et le don de soi.

Béatification en Algérie

Une première en pays musulman

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N-D de Santa-Cruz à Oran

Oran, Décembre 2018. Avec chrétiens et musulmans du diocèse d’Alger, nous avons rejoint Oran, le 8 décembre 2018, pour participer à la béatification de Mgr Pierre Claverie et de ses 18 compagnons (moines de Tibhirine, pères blancs, 6 religieuses… ),  assassinés en Algérie durant la décennie noire. Avec un hommage aux 114 imams tués pour avoir résisté à la terreur islamiste. Une cérémonie sous le signe de la fraternité.

Appel : le vocabulaire de la haine n’est pas compatible avec l’Évangile

13 déc 2015. Citoyens français attachés aux valeurs de la République, en même temps que chrétiens de toutes confessions qui mettons au cœur de notre foi le message évangélique de justice, de paix et d’amour universel, nous éprouvons aujourd’hui une immense tristesse et une profonde inquiétude pour l’avenir de notre pays…
Lire l’appel dans La Croix.com