Lutter contre le fanatisme dans les religions

La Provence 28.11.21. Intégrisme, radicalisme, djihadisme, séparatisme… Dans la famille des mots en “isme” qui sonnent souvent commedes maladies contemporaines, il en est un qui les embrasse tous depuis des lustres. Un mot qui sature notre actualité de sinistres exemples religieux, politiques et même sportifs : fanatisme !
Le Petit Robert le définit comme une “foi exclusive en une doctrine, une religion, une cause, conduisant souvent à l’intolérance et à la violence.” Si cette passion dévoyée  aux accents mystiques n’est pas cantonnée aux seules religions, celles-ci en sont depuis longtemps des vecteurs privilégiés. Il existe certes une grande différence entre un fondamentaliste chrétien qui refuse de voir enseigner la théorie de l’évolution et un islamiste qui prépare un attentat suicide. Mais depuis la nuit des temps, les ressorts sont les mêmes pourtant. Quelles sont les causes du fanatisme ? Comment le combattre ?

Quand la religion est malade, selon Frère Candiard

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Dans un petit essai brillant, salué par la presse dans sa diversité, Du fanatisme, quand la religion est malade (Editions du Cerf), Adrien Candiard, jeune frère dominicain de l’Institut d’études orientales du Caire, estime que le fanatisme  ne viendrait pas d’un excès de religiosité, mais au contraire d’une absence de Dieu. Ce n’est pas, selon lui, une déviance sociale et psychologique, mais bien un dévoiement spécifiquement religieux. Dans son plaidoyer qui prend le contrepied de bien des analyses, le théologien catholique, spécialiste du monde musulman, estime que le fanatique qui parle de Dieu à tout bout de champ l’a remplacé en réalité par des objets d’idolâtrie : la loi morale, les commandements, des textes ou rituels absolutisés. Et c’est sur le terrain religieux qu’il faut combattre ces déviances fanatisées.
L’auteur de la pièce de théâtre Pierre et Mohamed – sur l’assassinat de l’évêque d’Oran en Algérie, jouée un millier de fois en France – déplore qu’on ait évacué la théologie, du débat public, voire aussi de l’école de la République. ” C’est cette exclusion d’un discours raisonné  et critique de la foi et sur Dieu, qui favorise le fanatisme. Amoindrir la place du religieux dans la société ne l’a pas du tout réduit “. Et Adrien Candiard de souligner que la tentation idolâtre qui fait naîtrele fanatisme, y compris au sein de la laïcité, nous concerne tous. J-C.E.

Adrien Candiard fera une conférence sur le fanatisme religieux, jeudi 2 décembre à 20h, à Aix-en-Provence, Maison diocésaine, 7, cours de la Trinité. 

dav